Calculez d’abord un taux de revient horaire cohérent, valorisez tous les temps réellement consacrés à la mission, ajoutez les coûts directs puis comparez ce coût aux honoraires acquis hors taxes. Pour un forfait, suivez aussi le boni-mali : différence entre honoraires et temps valorisés au prix de vente prévu.

Distinguer coût, valeur et facturation
- Taux de revient : coût d’une heure productive pour l’organisation.
- Valeur du temps : temps × taux de vente ou barème interne.
- Honoraires acquis : revenu reconnu pour la période, qui peut différer de la facture émise.
- Coûts directs : achats, sous-traitance ou frais non refacturés affectables à la mission.
Ne mélangez pas prix de vente et coût. Le premier explique le positionnement commercial et le boni-mali ; le second sert à calculer la marge économique.
Construire un taux de revient documenté
Une méthode simple consiste à diviser le coût annuel chargé du collaborateur augmenté d’une quote-part de frais de structure par ses heures productives réalistes.
Taux de revient = (coût annuel chargé + quote-part de structure) ÷ heures productives.
Exemple pédagogique : 54 000 € de coût chargé + 18 000 € de structure, divisés par 1 200 heures productives, donnent 60 €/h. Les congés, formations, temps internes et absences sont déjà exclus du dénominateur ; les exclure une seconde fois fausserait le calcul.

Exemple chiffré complet
| Élément | Calcul | Montant |
|---|---|---|
| Honoraires acquis | Forfait convenu | 12 000 € |
| Temps senior | 40 h × 85 € | 3 400 € |
| Temps consultant | 90 h × 55 € | 4 950 € |
| Sous-traitance | Coût direct | 800 € |
| Coût total | 3 400 + 4 950 + 800 | 9 150 € |
| Marge | 12 000 − 9 150 | 2 850 € |
| Taux de marque | 2 850 ÷ 12 000 | 23,75 % |
Si les 130 heures étaient valorisées au prix de vente à 110 €/h, leur valeur serait 14 300 €. Le forfait de 12 000 € produit alors un mali commercial de 2 300 €. Cela ne contredit pas la marge positive : ces deux indicateurs répondent à deux questions différentes.
Traiter facturé, non facturé et reste à faire
Pour une mission longue, une facture ne suffit pas à mesurer la performance. Comparez le budget, le réalisé, le reste à faire et les honoraires acquis selon une règle stable. Un acompte encaissé améliore la trésorerie mais ne prouve pas que la mission est rentable. Inversement, du travail non encore facturé peut avoir créé du revenu acquis.
Lire un rapport sans perdre les lignes sources
Analysez au minimum marge en euros, taux de marque, boni-mali, heures consommées, avancement, reste à faire et montant non facturé. Segmentez par mission, responsable, équipe et période, puis revenez aux temps et coûts qui composent tout écart significatif.
Voir aussi : pilotage et rentabilité, gestion des temps et frais, choisir le mode de facturation et la FAQ opérationnelle.